Du 23 au 25 septembre, les Journées scientifiques sur les forêts du Bassin du Congo ont réuni à Douala une communauté scientifique venue partager ses travaux, confronter ses approches et échanger autour des enjeux actuels de la recherche forestière en Afrique centrale.
Pendant trois jours, plus d’une centaine de scientifiques ont pris part aux échanges, parmi lesquels une soixantaine de jeunes chercheurs et une vingtaine de chercheurs seniors, aux côtés de partenaires techniques et de représentants du secteur privé. Les participants étaient issus de huit pays : Cameroun, République du Congo, République démocratique du Congo, République centrafricaine, Tchad, Gabon, France et Burundi.
Huit thématiques pour explorer les recherches sur les forêts d’Afrique centrale
Les travaux ont couvert huit grands thèmes scientifiques : gouvernance, biodiversité, écologie forestière, agroforesterie, gestion et usages, télédétection et carbone, écologie aquatique et hydrologie, sciences du bois.
Les jeunes chercheurs ont présenté leurs travaux dans des sessions thématiques, offrant un espace pour confronter méthodes, hypothèses et résultats. Ces échanges ont permis de montrer la diversité des recherches menées sur les forêts et les territoires d’Afrique centrale.
Des temps forts pour croiser les regards et partager les connaissances
Au fil des trois journées, les participants ont assisté à cinq leçons inaugurales, consacrées notamment à la gouvernance des espaces forestiers, à la biodiversité, à l’écologie des arbres et des forêts, aux usages locaux et à la contribution des forêts d’Afrique centrale à l’environnement global. Deux tables rondes ont également rythmé les échanges, l’une consacrée aux perspectives de la recherche forestière en Afrique centrale, l’autre aux attentes du secteur privé à l’égard de la recherche publique sur les ressources naturelles.
Diversité des recherches et des parcours au cœur des Journées scientifiques
La valorisation des travaux des jeunes scientifiques a constitué l’un des fils conducteurs de l’événement. Huit doctorants ont été distingués pour la qualité de leur communication lors des sessions thématiques. Leurs travaux illustrent la diversité des recherches menées sur les forêts et les territoires d’Afrique centrale. Ils portent notamment sur les relations entre éléphants de forêt et communautés locales au Gabon, les politiques de gestion forestière et la dégradation des forêts dans le Bassin du Congo, le stock de carbone des mangroves, la valorisation des essences forestières ou encore les dynamiques des systèmes alimentaires. Les travaux récompensés abordent également la modélisation hydrologique, la diversité génétique, morphologique et ethnobotanique du palmier à huile, ainsi que la reconstruction écologique des forêts secondaires à travers la télédétection.
Cette richesse des sujets s’accompagne d’une diversité de parcours, avec des doctorants/post-doctorants issus de plusieurs universités d’Afrique centrale et de France, parmi lesquelles les universités de Dschang, Ngaoundéré, Marien Ngouabi, Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Aix-Marseille, Bordeaux et Montpellier. Leurs travaux ont été soutenus par des programmes/initiatives de recherche, notamment One Forest Vision (OFVi), le Réseau de recherche sur les forêts d’Afrique centrale (R2FAC), le programme Recherche appliquée en écologie et en sciences sociale en appui à la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale (RESSAC), Congo Basin Science Initiative (CBSI), et PEPR FairCarboN.
Cette mise en avant des jeunes scientifiques répond à l’une des ambitions des Journées : favoriser leur visibilité, leur développement professionnel et leur intégration dans les réseaux de recherche régionaux.
Les huit chercheurs distingués
- Maganga Evny : coexistence entre éléphants de forêt et communautés locales au Gabon, rôle des facteurs écologiques et de la tolérance dans les dynamiques de conflits et d’atténuation
- Cédric Adengoyo Beguide : cartographie des politiques de gestion forestière et de leurs impacts sur la dégradation des forêts dans le Bassin du Congo
- Wendy Loys Keedi À Bougen : évaluation du stock de carbone dans les mangroves de l’estuaire du Wouri
- Menelik II Prince Zengle: valorisation des essences forestières de promotion dans l’industrie du bois au Cameroun
- Solange Maïmouna Solange : Dynamique du système alimentaire des Baka de l’Est-Cameroun du XXe siècle à 2025
- Guy Junior Ahmed Molo : Modélisation hydrologique de l’estuaire de la Sanaga, étude de l’impact des barrages hydroélectriques sur les écosystèmes avals (lac Ossa et lac Tissongo)
- Emmafie Bonda : Analyse intégrée de la diversité génétique, morphologique et ethnobotanique du palmier à huile : comparaison entre formes sauvages et cultivées en République du Congo
- Styven Mahoungou : Trajectoires de reconstruction écologique des forêts secondaires du nord Congo : Mécanismes, indicateurs et changement d’échelle par télédétection
Institutions présentes
- Institut centrafricain de la recherche agronomique (ICRA) – République Centrafricaine
- Institut national de recherche agronomique (INERA) – République démocratique du Congo
- Landscape Alliance (CIFOR-ICRAF)
- Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)
- Institut de recherche pour le développement (IRD)
- Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) – Cameroun
- Université de Douala – Cameroun
- Université de Ngaoundéré – Cameroun
- Université de Dschang – Cameroun
- Institut de recherche en écologie tropicale (IRET) – Gabon
- Institut national de Recherche Forestière (IRF) – République du Congo
- World Wide Fund for Nature (WWF)
- Université de Yaoundé I – Ecole normale supérieure (ENS)
- Ecole régionale postuniversitaire d’aménagement et de gestion intégrés des forêts (ERAIFT) – République démocratique du Congo
Chiffres clés
- 3 jours d’échanges scientifiques
- Plus de 100 chercheurs/chercheuses réuni.e.s
- 7 pays représentés
- 8 thèmes scientifiques abordés
- 5 leçons inaugurales
- 8 doctorant.e.s distingué.e.s pour leur communication
- 2 tables rondes consacrées aux relations entre recherche, secteur privé et communauté scientifique



